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Fruits et légumes de saison, le gain d’une consommation raisonnée

Manger des fruits et légumes bio, locaux et de saison est un acte fort. Cette pratique peut sembler simple voire naturelle pour certains, mais pas encore automatique pour tous. Renoncer à consommer en hiver des légumes frais importés par avion ou cultivés sous serres chauffées et respecter la saisonnalité des produits permet de réduire de 8 à 10 fois les nuisances environnementales liées à leur consommation.


1. Les saisons, la garantie d’un goût véritable et d’apports optimisés.


Outre le fait que les prix des légumes et fruits hors saison ou exotiques ne sont pas durables, leurs prix sont exorbitants et leurs goûts fades voire insipides.


Sans parler du bilan carbone exponentiel, les fruits et légumes hors saison viennent souvent de l’étranger où ils sont cueillis avant leurs maturités, ce qui les fait obstacle dans le développement du produit pour garantir son goût et son apport nutritionnel.


Les fruits et légumes produits par la Terre sont adaptés à nos besoins nutritifs et ce, tout au long de l’année.


En hiver votre corps dépense plus de calories et souffre du manque de lumière. Ses besoins en nutriments et en minéraux augmentent et les légumineuses en regorgent. Les agrumes quant à eux, présentent un apport riche en vitamine C afin de lutter contre les effets de la réduction de la luminosité.


A savoir : les crucifères (brocolis, choux...) ont des propriétés anti-cancers, notamment digestifs.

L’été, notre corps dépense moins de calories mais se déshydrate plus rapidement. Pour contrer la chaleur, la nature offre des produits gorgés d’eau pour favoriser l’hydratation (melons, tomates, concombres). L’été nous offre le citron qui est un détoxifiant naturel et les poivrons ont également de nombreux bienfaits car ils sont riches en vitamine A et C, mais également anti-inflammatoires et antistress.


A savoir : les poivrons rouges sont deux fois plus riches en vitamine C que les verts.

2. La consommation irraisonnée est un danger pour la santé


De nombreux facteurs des dérèglements hormonaux, de perturbateurs endocriniens, d’infertilité et de pathologies tels que la maladie de Parkinson ont augmenté et sont en corrélation avec l’utilisation massives de pesticides qui a débuté dans les années 50 et s’est intensifiée depuis les années 70.


La mondialisation nous permet de trouver toute sorte de produit tout au long de l’année mais il faut bien être conscient qu’en plus de participer à une aberration écologique, nous consommons des produits dont nous ne savons rien sur les matières premières, la culture et notamment sur les différents pesticides projetés dessus et parfois non conformes aux normes européennes.



3. Manger de saison, un geste écologique


Adapter son régime alimentaire au gré des saisons et en local nous permet aussi de diminuer les émissions de CO2 due aux transports.


A savoir : Pour l'achat d'au moins 50% de vos fruits et légumes d'origine locale et de saison, vous consommez l'équivalent de 2 sacs poubelle de 35L de CO2. Dans le cas contraire, si la même quantité de ces fruits n’est pas de saison, votre empreinte carbonique monte à 26 sacs poubelle de 35L de CO2, soit une augmentation multipliée par 13.

L’agriculture industrielle et intensive dont les maîtres-mots est productivisme et rentabilité, est responsable de la perte de la biodiversité, de la destruction des sols, de la pollution des eaux, du déclin des pollinisateurs, des dérèglements climatiques


En effet, nous nous retrouvons dans un cercle vicieux puisque les produits chimiques et l’agriculture intensive accélèrent le réchauffement climatique et appauvrit les sols provoquant ainsi, une baisse de la rentabilité (réduction pouvant aller jusqu’à 50%) et une augmentation de son expansion, et par conséquent des dérèglements du climat. Par ailleurs, l’activité agricole, l’exploitation des forêts et le changement d’affectation des terres contribuent aussi au changement climatique puisqu’ils sont à l’origine de 25 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Par conséquent, l’atténuation des émissions de GES dans le secteur agricole contribuera à endiguer le changement climatique. Or, notre sous-sol abrite 25 % de la biodiversité de la planète à travers des bactéries, des champignons, des vers, des insectes, des acariens… Le système alimentaire tel qu’il existe aujourd’hui met en danger la santé de la population et de la planète : l'agriculture absorbe 70% de la consommation d'eau et est à l’origine de niveaux de pollution et de gaspillages insoutenables.



4. La consommation raisonnée, le respect des producteurs


Les questions environnementales sont inéluctables mais il ne faut pas pour autant oublier les acteurs de ce possible changement, les producteurs. Leur nombre a baissé de 13,6 % en 10 ans et plus d’un tiers des paysans français ont plus de 55 ans.


Jusque dans les années 1930, la population française est majoritairement rurale et composée de petits agriculteurs. L'exode rural s’installe lors des Trente Glorieuses et est amplifié par la découverte de l’intensification du rendement et de la mécanisation, à l'emploi d'engrais de synthèse dans l'agriculture, qui a conduit à une hausse importante de la productivité, à la baisse de besoins en main-d’oeuvre et à une concentration des terres. Les petites fermes familiales laissent la place à des fermes beaucoup plus grandes tandis que l'agriculture de proximité basée sur les besoins réels de nutrition est remplacée par une agriculture modernisée liée à l'industrie agroalimentaire.


De nombreuses exploitations ont une trésorerie très fragile et les revenus des agriculteurs sont faibles.

Selon une étude de la Mutualité sociale agricole (MSA) de 2016, les agriculteurs ne gagnent en moyenne que 15.000 euros par an, soit 1250 euros moyens par mois. Un tiers des agriculteurs touche même moins de 350 euros par mois.


5. Avec tout ça, comment consomme-t-on plus durablement ?


Voici le constat que nous pouvons tous faire. Maintenant, il s’agit de savoir comment on peut changer les choses. De nombreuses solutions nous permettent de consommer plus respectueusement. Pour cela, retrouver le calendrier des saisons WWF.


Vous trouverez des produits locaux dans tous les rayons de supermarché. Ces produits sont souvent légèrement plus cher et se trouvent avec les produits bio mais également dans un coin du rayon dédié, loin des grandes marques majoritairement représentées et qui sont responsables du nivellement vers le bas du niveau de vie des petits producteurs.


Toutes les villes possèdent des réseaux de distribution locale. Vous pouvez vous tourner vers les AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) qui produisent des fruits et légumes de saison et utilisent le circuit court comme moyen de distribution aux consommateurs. Chaque semaine, vous vous rendez dans un point relais où le producteur aura déposer le jour même, ses produits frais. Bordeaux a mis en place un annuaire des lieux encourageant la pratique des circuits courts.

“La ruche qui dit oui” propose le même modèle de distribution et existe également partout en France.


Il existe des commerces bio, locaux et de saison partout en France. Je vous invite à consulter le site “mon panier bio” qui répertorie ses commerces. Si vous ne trouvez pas votre bonheur, vous pouvez demander des renseignements à votre mairie.

Pour y voir un peu plus clair au sein des rayons, vous pouvez utiliser l’application “Yuka qui vous permet de scanner les produits pour connaître exactement sa composition et son score qualitatif.

Même si je sais que mieux consommer est possible, je sais que ce n’est pas simple car le modèle de consommation actuel est entièrement tourné vers l'industrialisation et la présence des grandes marques. Je sais également que consommer dans les magasins de proximité peut être plus cher et moins pratique. Je vous encourage donc à consommer mieux en prenant le temps de chercher des produits moins transformés, bio, locaux et de saison, dans le respect de la planète et des Hommes.

Le but n’est pas d’être parfait mais de tenter de faire un peu mieux chaque jour.

Sources : Greenpeace.fr, WWF.fr, banquemondiale.org, la fraanceagricole.fr et cosmopolitan.fr


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